27 ans et réflexions

J’appréhendais mes 25 ans, mon quart de siècle et ma grosse remise en question. Les 27 aussi car dans ma tête ça rime avec début de vie pro et projets. Pression.

Un petit bilan serait intéressant.

Un an et demi que je suis dans la capitale allemande. J’ai appris l’allemand pour surtout parler anglais. J’ai fait rentrer des gens dans ma vie qui sont un peu mes bouées de navigation.

En passant la frontière, j’ai perdu ce que j’appelles des confidents, ces personnes avec qui je parle de mes hauts et bas, fréquement. Je parle plus vraiment de ça avec personne, pas autant qu’avant. Ca me pèse parfois mais bizarrement j’en ressens moins le besoin. Je n’ose pas demander de l’aide non plus quand j’ai besoin d’écoute. Aussi moins envie de m’impliquer corps et âmes pour sauver les gens et me sauver aussi.

Plusieurs mois que je vois une thérapeute. Un peu comme avec un puzzle,  je déconstruis et reconstruis. Je comprends le processus, j’arrête d’en vouloir à mes parents et me dis que grâce à eux je suis ce que je suis. En découle aussi un soulagement de ne plus me battre contre certaines peurs ou idées mais aussi, une forme de liberté angoissante. Feuille blanche plutôt que cadrillée.

J’oublie ma mère. Pas elle en elle-même; ca reste douloureux la perte de quelqu’un et des réponses que l’on aura jamais. Les dates anniversaires, 3 fois par an, sont toujours tristes. Mais la maladie ou parfois ce dont je me souviens d’elle deviennent flou. Les rêves sont rarement bien puisque je n’ai accès qu’à elle étant malade, ou alors j’ai droit à un conflit. Je ne sais plus certaines choses sur elle.  Seule “ma mère” et la perte sont claire.

Berlin et ce mur qui m’a toujours attiré.  À 17 ans, j’avais une amie proche et me disais “comment ferais-je si du jour au lendemain je ne pouvais plus la voir ou lui parler”. Sans doute un déchirement au sein d’une même ville, comme d’une famille, c’était la ville où je voulais aller. Finalement partir pour me rapprocher. Re-construire. Voir une cicatrice pour cicatriser.  Ca a marché.

Cette rencontre.  Ces rapprochements et la séparation, tous trois à moins d’un kilomètre de cette cicatrise de béton armé. Je n’avais pas remarqué.  Elle m’a reconciliée avec moi-même et m’a permis d’être plus en paix.  Un avant et un après.

Ce rêve. Avant de me lever et de commencer cette nouvelle page de mes 27 ans, j’étais à côté d’elle, la regardant. Elle m’a dit :

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